Québec « ne réinvestira pas dans Lion Électrique », tranche la ministre Fréchette
« Notre gouvernement ne réinvestira pas dans Lion Électrique. » La ministre de l’Économie, de l’Innovation et de l’Énergie, Christine Fréchette, a fermé la porte à une participation du gouvernement québécois à la relance du constructeur d’autobus et de camions électriques, à l'abri de ses créanciers depuis décembre. Considéré jusqu’à récemment comme un fleuron québécois et un maillon important de la filière batterie, Lion Électrique est aujourd’hui en grande difficulté financière. L'entreprise est au bord de la faillite. Lion Électrique avait obtenu la protection de ses créanciers en décembre et cherchait depuis un acheteur avec un plan de restructuration qui se concentrerait uniquement sur les autobus et ramènerait toute la fabrication au Québec. Des médias québécois ont rapporté au début de la semaine qu'un groupe d'investisseurs – composé de Vincent Chiara, président et fondateur du promoteur immobilier Groupe Mach, de l'entrepreneur Pierre Wilkie et du financier Claude Boivin – voulait injecter des fonds pour la relance de Lion. Pour ce faire, ils avaient toutefois sollicité une aide du gouvernement de quelque 20 millions de dollars. Nous avons cru au potentiel de Lion, mais le plan de relance soumis ne permettait pas de justifier la réinjection de sommes gouvernementales importantes. Le gouvernement du Québec a, pour le moment, perdu 177 millions de dollars investis dans Lion Électrique. Le gouvernement canadien risque de voir s’envoler 30 millions de dollars de fonds publics. Croissance trop rapide, camions bâclés... De nombreux problèmes ont été évoqués publiquement par d'ex-gestionnaires et d'ex-employés de Lion pour expliquer la déroute de l'entreprise, qui était pourtant promise à de beaux jours dans le contexte de l'électrification des transports. En février dernier, une enquête de Radio-Canada révélait aussi que le fabricant de véhicules électriques avait exagéré l’ampleur de son carnet de commandes. Peu de temps après, des centaines de petits actionnaires ont lancé une action collective, alléguant que l’entreprise avait induit en erreur les investisseurs et avait déformé la réalité au sujet de sa santé financière, ce qui a entraîné une inflation artificielle dans la valeur des titres. Entrée en bourse en 2021, l'action de Lion Électrique a perdu plus de 99 % de sa valeur. Elle vaut, en date d'aujourd'hui, moins d'un sou.Il s’agit d’une décision difficile, mais responsable
, a justifié la ministre Fréchette sur son compte X, en fin de journée mercredi.C’est une entreprise d’ici, qui offrait un produit innovant et contribuant à la transition énergétique. Le gouvernement a la responsabilité de soutenir la croissance des entreprises québécoises
, a rappelé la ministre.Malheureusement, un constat s’impose : accorder de nouvelles sommes à Lion Électrique ne serait pas une décision responsable.
Une débâcle rapide
Advertising by Adpathway









